Pointe Kìwekì – Paysage de la Grande Rivière
La Pointe Kìwekì est un parc urbain situé sur un cap pittoresque surplombant la rivière Kichi Zibi/Ottawa, à proximité du Musée des beaux-arts du Canada et relié au parc Major’s Hill par le pont Pìdàban. Initialement inauguré sous le nom de Pointe Nepean à la fin du XIXe siècle, ce parc a inspiré d’innombrables visiteurs grâce à ses vues imprenables sur le cœur de la capitale nationale. Rebaptisé Kìwekì, de l’anishinabe mowin signifiant « retour dans la patrie », le parc réaménagé fait partie d’une série d’interventions le long de la rivière Kichi Zibi/Ottawa.
Le projet de la Pointe Kìwekì a permis de réimaginer un paysage spectaculaire pour tous au sommet d’un promontoire, offrant des vues saisissantes sur le panorama urbain d’Ottawa et Gatineau et les édifices du Parlement. Le projet a été remporté dans le cadre d’un concours international de design en 2017, mené par JRS, en collaboration avec Patkau Architects, Blackwell et ERA. JRS a ensuite été mandaté par la Commission de la capitale nationale (CCN) pour diriger une équipe multidisciplinaire tout au long de la conception et de la construction. ERA, en collaboration avec Lisa Prosper, a élaboré le plan d’interprétation du site. Le projet comprenait une vaste démarche de consultation avec les parties prenantes et les Anishinabeg algonquins, qui a nourri le processus de conception.
Le design intègre un élément architectural appelé « Pointe des murmures » (Whispering Point) et un réseau de sentiers traversant une prairie, offrant deux paliers de vues dégagées sur la région de la capitale nationale. On y retrouve aussi des plantations d’espèces indigènes, des éléments sculpturaux, et un nouveau pont piétonnier reliant le parc Major’s Hill et les environs. Des stratégies de conception durables et résilientes sont intégrées dans tous les aspects du projet, notamment une caractéristique innovante de type Ha-Ha, des plantations qu’on retrouve dans les prairies et des cellules Silva assurant des fonctions écologiques et de gestion des eaux pluviales. Le parc est également universellement accessible et offre une riche interprétation du site.
En collaboration étroite avec les parties prenantes, ERA a facilité l’élaboration d’un cadre d’interprétation permettant aux communautés anishinabeg algonquines d’en façonner les éléments. L’interprétation du site s’appuie sur la rivière pour raconter des récits à travers la nature et l’art, en soutenant ainsi les éléments paysagers du site. Au fil de leur parcours dans le parc, les visiteurs découvrent l’histoire de la région du point de vue de la rivière, et rencontrent des « êtres » — tels que l’Oiseau-tonnerre, l’ours et la loutre — qui enrichissent l’expérience de leurs propres interprétations. Le design paysager et le travail d’interprétation de la Pointe Kìwekì s’unissent pour transmettre l’évolution de la relation entre la rivière Kichi Zibi/Ottawa et tous les êtres vivants, tout en créant une série d’expériences multisensorielles pour les visiteurs.
La Pointe Kìwekì – Paysage de la Grande Rivière a reçu le Prix d’excellence du jury 2025 de l’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) — un prix décerné annuellement à un seul projet qui « illustre le mieux la vision de l’AAPC de faire progresser l’art, la science et la pratique de l’architecture de paysage ».
Photographie par Mina Markovic
Winner, 2017