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Découvrez les associés principaux : Shelley Ludman

Shelley Ludman aborde la conception à l’intersection de la continuité et du changement

par Alessandro Tersigni, writer & researcher, septembre 17, 2025

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Depuis 35 ans, ERA Architectes joue un rôle de chef de file stratégique dans la compréhension du patrimoine comme phénomène en constante évolution. À mesure que la firme croît et que notre approche du patrimoine se transforme, nous accueillons trois nouveaux associés principaux et un nouveau directeur pour diriger et approfondir une pratique innovante, adaptative et résolument tournée vers l’avenir.

Pour explorer leurs expériences, réflexions et intentions au moment d’assumer ces nouveaux rôles, le critique culturel Alessandro Tersigni s’est entretenu avec les nouveaux associés principaux d’ERA — Samantha Irvine, David Winterton et Shelley Ludman — ainsi qu’avec Dan Eylon, nouveau directeur, pour discuter des idées et questions qui les stimulent et qui orientent leur travail.

Alessandro Tersigni: Félicitations pour votre nomination comme associée principale! Parlez-moi un peu de votre rôle au sein de la firme.

Shelley Ludman: Je suis architecte, licenciée au Québec et en Ontario. Ce qui me passionne, au-delà des aspects techniques du patrimoine, ce sont les relations que nous entretenons avec l’environnement bâti existant et les lieux qui ont une signification particulière pour nous. J’ai toujours aimé travailler de près avec les clients et les communautés afin de comprendre ce qui rend un endroit important à leurs yeux. Accompagner l’évolution d’espaces au sein de cultures vivantes, c’est ce qui rend mon travail chez ERA si stimulant et si cohérent avec mes valeurs.

Four people around a table looking at plans for a park.
Shelley et des membres de l’équipe ERA à Port Union, dans le cadre de l’initiative Culture des villages de pêcheurs, 2013.

AT: Selon vous, qu’est-ce qui distingue ERA des autres firmes?

SL: Ce qui me frappe depuis toujours chez ERA, c’est l’extraordinaire diversité de notre pratique. Notre portefeuille couvre toutes les échelles, tous les types de projets et de clients. Cette variété nous oblige à nous réinventer constamment. Dans d’autres firmes d’architecture, on peut passer cinq ans sur un seul projet. Chez ERA, on navigue entre des mandats très différents au quotidien. Cela nous expose à une multitude d’expériences et d’enseignements qui nourrissent toute notre pratique, souvent d’une manière qu’aucune spécialisation ne pourrait offrir.

AT: Comment la notion de patrimoine s’articule-t-elle avec votre travail?

Shelley visitant le site de Dixon Hall sur Parliament Street avec la députée Kristyn Wong-Tam, 2024.

SL: Je vois mon travail davantage à travers le prisme des bâtiments et des lieux existants que de la notion traditionnelle de patrimoine. Tout ce qui compose l’environnement bâti a une signification potentielle pour quelqu’un. Notre rôle consiste à comprendre ce que ces lieux ont représenté dans le passé, et ce qu’ils peuvent représenter à l’avenir. Plusieurs projets que j’ai dirigés chez ERA s’inscrivent dans l’initiative Culture des villages de pêcheurs de la firme, qui vise à comprendre ce qui a permis aux petites communautés de croître par le passé, et comment elles peuvent se projeter dans l’avenir à travers les changements économiques, sociaux et culturels. Dans ce sens, le patrimoine d’un site et les besoins de ses usagers sont intimement liés.

AT: Pouvez-vous citer un projet, passé ou en cours, qui illustre bien cette approche?

SL: Cambium Farms est un excellent exemple de la manière dont patrimoine et transformation peuvent s’entrelacer. Nous y avons accompagné la reconversion délicate d’une grange agricole, arrivée au terme de sa fonction, en lieu d’événements. Nous avons conçu un nouvel ajout en béton coffré sur planches, dont la texture évoque à la fois le langage des silos en béton et le revêtement de bois de la grange d’origine; l’ensemble s’inscrit presque comme un élément sculptural dialoguant avec le bâtiment historique. C’est fascinant de voir un site centenaire, qu’on aurait pu traverser sans y prêter attention, devenir un lieu vivant, porteur de sens et d’expériences. Il y a quelque chose de profondément beau à réunir ainsi la continuité et le changement.

Photographie de portrait : Mina Markovic