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Découvrez les associés principaux : David Winterton
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Découvrez les associés principaux : David Winterton

David Winterton discute des strates urbaines et d’une approche non orthodoxe du patrimoine

par Alessandro Tersigni, writer & researcher, septembre 12, 2025

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Depuis 35 ans, ERA Architectes joue un rôle de chef de file stratégique dans la compréhension du patrimoine comme phénomène en constante évolution. À mesure que la firme croît et que notre approche du patrimoine se transforme, nous accueillons trois nouveaux associés principaux et un nouveau directeur pour diriger et approfondir une pratique innovante, adaptative et résolument tournée vers l’avenir.

Pour explorer leurs expériences, réflexions et intentions au moment d’assumer ces nouveaux rôles, le critique culturel Alessandro Tersigni s’est entretenu avec les nouveaux associés principaux d’ERA — Samantha Irvine, David Winterton et Shelley Ludman — ainsi qu’avec Dan Eylon, nouveau directeur, pour discuter des idées et questions qui les stimulent et qui orientent leur travail.

Alessandro Tersigni: Félicitations pour votre nomination comme associé principal! Parlez-moi un peu de votre rôle au sein de la firme.

David Winterton: Merci! Je suis architecte, historien de l’architecture et je travaille sur divers projets à l’intersection de la conception résidentielle et du patrimoine, ainsi que sur des initiatives de communication, des livres et des programmes de mentorat. Le fil conducteur de tout ça, c’est une volonté d’analyser les couches architecturales de la ville, de comprendre les séquences qui l’ont façonnée à travers le temps, puis de refléter cela dans des conceptions contemporaines sensibles au contexte. Chez ERA, on a la chance d’être bien placés pour faire ça car on a cultivé les outils et les regards nécessaires pour enrichir la compréhension que les gens ont des bâtiments qui les entourent au quotidien et nourrir leur attachement à ceux-ci.

David au Royal Botanic Garden d’Édinbourg, 2016.

AT: Qu’envisagez-vous dans vos nouvelles fonctions?

DW: Je vais poursuivre mon travail architectural stimulant tout en faisant avancer certaines initiatives auxquelles je contribue déjà. Parmi elles, j’ai le plaisir de diriger le comité des communications externes d’ERA, qui représente la firme à l’externe en diffusant notre travail par divers canaux — médias sociaux, communiqués, articles narratifs, entrevues, vidéos, etc. J’ai aussi joué un rôle de premier plan dans les stages et programmes coop en architecture. J’adore le mentorat. J’y vois une responsabilité réelle d’inspirer la prochaine génération et de travailler avec elle pour éprouver ses forces et explorer ses intérêts. J’ai également envie d’écrire d’autres livres! Je viens de terminer une monographie attendue depuis longtemps sur l’architecte torontois édouardien Frank Darling, qui paraîtra chez McGill-Queen’s University Press cet automne. J’aimerais amplifier toutes ces contributions en tant qu’associé principal.

AT: Comment en êtes-vous venu à travailler chez ERA à l’origine?

DW: Mon parcours est singulier. J’ai commencé chez ERA dans les premières années de la firme, en 1999, puis j’ai déménagé à New York en 2004 pour ce que je croyais être un court mandat — j’y ai finalement passé 12 magnifiques années chez Robert A. M. Stern Architects (RAMSA). À mon retour chez ERA en 2017, j’ai ramené avec moi de solides compétences en conception et une perspective fine sur l’architecture traditionnelle, sa composition et les façons sophistiquées et sensibles de l’intégrer au contexte, ce qui enrichit mon travail actuel.

AT: Selon vous, qu’est-ce qui distingue ERA des autres firmes?

DW: On répète souvent que les villes sont des palimpsestes — comme ces manuscrits médiévaux dont on a effacé et réécrit les pages. Mais ce n’est pas tout à fait juste car les villes ne sont pas des textes mais des assemblages d’espaces et de formes symboliques qui traversent le temps. Ce qu’ERA apporte, c’est une capacité à interpréter ces multiples registres formels et matériels, à en dégager la valeur et le sens, à les partager avec nos clients et le public, puis à réunir tout cela pour réactiver des lieux anciens et créer, pour le monde contemporain, des espaces nouveaux qui ont du sens.

David sur le toit du Eisenzahnstrasse 1 à Berlin.

AT: Comment le concept de patrimoine croise-t-il votre travail ?

DW: Des phénomènes comme le patrimoine immatériel et les paysages culturels sont fascinants et très présents dans les discours actuels du domaine. Mais pour moi, en tant qu’architecte, le patrimoine est d’abord et avant tout une affaire de bâtiments et des couches de sens qu’ils contiennent. Je me situe en marge de l’orthodoxie patrimoniale. J’estime qu’il est légitime de mêler l’ancien et le nouveau plutôt que de subordonner l’un à l’autre. C’est un héritage de ma formation chez RAMSA, mais j’y ai sans doute toujours été sensible. L’injonction à créer des transitions visibles — souvent sous forme de grilles vitrées neutres — entre l’existant et l’ajout peut parfois être culturellement condescendante, même si c’est lisible et efficace. Je crois que les citadin·e·s d’aujourd’hui ont la sophistication visuelle nécessaire pour apprécier la beauté architecturale et accepter certaines ambiguïtés entre neuf et ancien. Il n’est pas toujours indispensable de figer artificiellement cette séparation. Les bâtiments ont toujours porté des couches successives; leurs usages, leurs significations et leur portée esthétique évoluent avec le temps. Cette évolution peut être abrupte ou délicieusement subtile, et j’essaie de le refléter dans mon travail.

AT: Qu’entrevoyez-vous pour l’avenir d’ERA?

DW: On assiste actuellement à des transformations urbaines d’une intensité remarquable à Toronto et dans d’autres villes canadiennes. À mesure que le dernier cycle de surchauffe se stabilise, ERA peut jouer un rôle important en analysant l’environnement bâti qui en résulte et en montrant comment l’articuler de façon plus cohérente pour le XXIᵉ siècle. Après une période de changements rapides et disruptifs, un moment de rétrospection pourrait permettre aux acteurs de la ville de faire le point et de tisser, plus consciemment, ces couches dont on parlait pour en faire quelque chose de plus riche et ancré ici. ERA est idéalement positionnée pour aider à définir et orienter cette prochaine étape.

Photographie de portrait: Mina Markovic